Les substances per- et polyfluoroalkylées — les PFAS — regroupent plusieurs milliers de composés de synthèse utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur.
On les retrouve dans les mousses anti-incendie, les revêtements, certains textiles et emballages.
Pourquoi les appelle-t-on « polluants éternels »
Leur particularité tient à la liaison carbone-fluor, l'une des plus stables de la chimie organique. Cette stabilité, recherchée dans les usages industriels, se retourne contre l'environnement : les PFAS ne se dégradent pratiquement pas dans les conditions naturelles et s'accumulent dans les sols, les nappes et les organismes vivants.
Pourquoi les filières classiques ne suffisent pas
Les stations d'épuration conventionnelles ont été conçues pour abattre la matière organique biodégradable et les nutriments. Or les PFAS résistent au traitement biologique : ils traversent les boues activées sans transformation notable, se répartissent entre l'eau traitée et les boues, et se retrouvent donc soit rejetés au milieu, soit transférés vers les sols lors de l'épandage.
Les approches disponibles, et leur limite commune
Plusieurs procédés permettent aujourd'hui d'extraire les PFAS d'une eau : le charbon actif, les résines échangeuses d'ions, la nanofiltration et l'osmose inverse. Tous partagent une même caractéristique qu'il faut avoir en tête au moment de dimensionner une filière : ils concentrent le polluant plutôt qu'ils ne le détruisent. Le média saturé ou le concentrat devient alors un déchet à gérer.
Les procédés destructifs — oxydation avancée, procédés électrochimiques, traitements à haute température — visent à rompre la liaison carbone-fluor. Ils font l'objet de travaux actifs et de premiers déploiements, mais leur efficacité et leur coût dépendent fortement de la matrice traitée et de la longueur de chaîne des composés visés.
Un cadre réglementaire en mouvement
La réglementation encadrant les PFAS évolue rapidement, au Canada comme en Europe, tant sur les seuils applicables à l'eau potable que sur la restriction des usages industriels. Toute décision d'investissement gagne à être prise en tenant compte de cette trajectoire réglementaire plutôt que du seul état en vigueur au moment de l'étude.
PurEau-Experts accompagne entreprises, municipalités et organismes dans la caractérisation de leurs effluents et le choix des filières adaptées à leur contexte.